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jeudi 28 octobre 2010

OUAIS, OUAIS








J'ai bu quelques verres. Il y avait deux de mes amis, et des amis.

Avant, j'avais rendez-vous avec Arthur et Solal à 21 h à la Motte piquet, on est passé par une épicerie. On prend du Gin et du Schweppes? Non mec je me suis mis une race au Gin il y a un mois, j'en peux plus. T'as des clopes, mec? Ouais, ouais. Je vais prendre un truc à manger aussi. Sinon, on prend de la vodka ça plait à tout le monde. Tu fumes des lucky, maintenant? Ouais, ouais. Prends ces bières elles sont moins chères. Passe moi ton briquet, s'te plait. On prend un truc en plus? Pas ces bières elles sont dégueulasses! Non, c'est bon on a pris assez de trucs. J'ai perdu mon feu à une soirée il y a une semaine. Ok. Je vais payer en carte bleu, s'il vous plait. Ouais, ouais. Ça fait 21 euros et 60 centime. Un sac?. Non merci. Merci, bonne soirée. Attends, je fume une clope en allant au métro.


On a pris la ligne dix jusqu'à jussieu. Ils ont pris la ligne 7 jusqu'à Maison Blanche. L'appartement était pas très loin de la bouche de métro. T'as le code? Non, appelle Mina. Ok. C'était un immeuble sans charme, assez anonyme, pierre, brique, peut-être du bois ou du verre. Quelque chose de construit ne pas pour y vivre, mais pour dormir. L'érection de cette masse n'avait d'autre sens que de répondre aux besoins basique d'un individu. Je ne sais pas. La rue n'était pas très grande. B2503. Ils sont rentrés, ont quitté la rue blanche pour pénétrer dans l'immeuble, dans sa cour. On prend l'ascenseur? Non, non, c'est premier.


Bonjour, ça va? et, toi? ouais. Il y avait déjà quelques personnes. je te présente Solal et Arthur. ça va les mecs? ils y avait surtout des filles. l'une d'entre elles avait une jupe assez vulgaire. deux garçons discutaient près de la fenêtre. mec, ça fait super longtemps que je t'ai pas vu. ça va? Moi , c'est Patricia. ah cool. t'as des verres. t'es un pote de Romain? Tu vis où sur Paris. Ouais, il y a des gobelets là-bas, sur la table. Il y avait deux mecs sales assis sur le clic-clac. Tu fais quoi comme étude. ouais. Les deux mecs sales parlaient à une fille assez quelconque -cheveux brun, yeux marron, uniformée en prêt-à-porter. J'ai pris une poignée de chips. ouais. J'adore ton sac! Je me suis servi un verre de vodka. j'en ai mis un peu à côté. Des personnes continuaient arriver, me regardaient, parlaient, me vomissaient leur jeunesse, leur ignorance impuissante. Tu l'as acheté où? j'ai regardé les gens. J'ai souri à une fille. Elle m'a pas vu. J'ai pris une deuxième gorgée. je l'ai trouvé dans une friperie. Non, non, je la connais pas. Je suis venu avec un pote. Qui ça? Et tu fais quoi dans la vie? Ah c'est pas mal. Ouais. J'ai pris une bière et j'ai allumé une clope. Ouais, ouais. Salut. Excuse-moi t'as du feu? Non, désolé. Solal, t'étais où?


"-Je parlais avec la fille là-bas. Elle est cool

-Elle a l'air idiote. T'as pas vu Arthur? on se casse d'ici!"


j'ai parlé avec une fille. vous connaissais Mina du lycée? j'ai ouvert une autre bière. j'ai fumé une autre cigarette. et toi? ouais, ouais. j'ai parlé à deux autre garçons. T'as une cigarette s'te plait. un mec ployait une fille dans le coin à côté de la fenêtre. Son ébriété était aussi infâme que sa tentative de glisser sa main sous la jupe de la fille était évidente; et il lui prenait le cul à pleine main. je suis en éco-gé. ok. ouais, ouais. ça m'a fait bander de voir le mec toucher la fille comme ça. J'ai pris un autre verre de rhum. ouais, ouais. J'adore cette chanson. j'étais en Turquie cet été! ah c'est pour ça! ouais, ouais. j'ai retrouvé un moment Solal et Arthur qui étaient avec deux mecs. Tu viens d'où dans le XVI? ouais, je crois t'avoir vu. ouais ouais. le rhum était dégueulasse. j'ai trouvé un verre à côté d'une chaise et je l'ai lavé. Je me suis servi un peu de vin blanc. T'as une garrot? Foule insouciante et stupide ne me parlait pas. J'adore tes cheveux! donc toi t'es en fac avec Camille et Nico? ouais, ouais. je suis allé les voir en concert à Bastille. Ouais, donc moi j'habite juste à côté du café. ouais, ouais. on roule un splif les mecs?


On sorti pour fumer le joint. J'ai insisté pour partir. Non, les mecs je suis pas trop dans l'ambiance. Ok. Ouais. ouais. On fait quoi?


On est allé dans un bar, un bistrot. Je ne sais pas très bien comment cet endroit s'appelait. Arthur a pris un bière, moi aussi. Et Solal n'a rien pris.

Un étrange silence s'était installé, leur lèvres restaient entrouvertes. Les regards bovins fixaient des objets sans importance (une bière, un verre vide, un poster, Arthur, Solal, Moi). On aurait dû rester, mec.






Crédit image : Ojoz, http://ojoz.org


samedi 20 mars 2010

Christus patiens, Christus triumphans











On dit que la vertu de la musique est

qu'on peut accorder les impressions qu'elle procure

au diapason de n'importe quel état d'âme.

Fédor Dostoïevski




Tout ce qu'il restait c'était du silence. Finalement la rue mourrait ici, même cet ensemble de béton et d'âmes esseulées et perdues était mortel. Ou presque. Il restait toujours des étincelles, en trompe l'oeil pour vendre l'illusion au touriste et au forain « qu'il nous resterait toujours Paris ».

C'était donc à 4 a.m. qu'ils ont roulé le septième pilon. Ils avaient pas mal pé-cho ces derniers temps, les sous rentraient assez régulièrement. Ils étaient pas trop à sec. Ils ont pris des feuilles slim OCB, déboyauté une cigarette, fait un petit cylindre en carton et ont, finalement, donné forme et vie au stick. Leurs yeux écarlates admiraient le joint, fin et ferme. Il y avait quelque chose de merveilleusement phallique dans sa forme. Il ont té-cla.

Cinq étages plus bas une voiture traçait vers le nord; mais la place restait vide, sourde et muette. Cependant, cinq étages plus haut, trois garçons sur un balcon mettaient le feu au pet'. Ils coloriaient leur ennuie. Ils avaient passé l'âge de croire aux dieux dont on leur avait pas inculqué la croyance, ou alors ils les avaient oublié. Ce n'était pas non plus la jeunesse désabusée que les hommes télévisuels prototypiques aiment tant crucifier pour avoir refusé -dogmatiquement certes- leur vérités, leurs canons.

Ils se laissent flotter, s'intéressent à ce qu'ils ne peuvent pas encore théoriser, objectiver, cataloguer, mettre dans une petite boite avec un autocollant sur le devant. Ils ne faisaient ça que par l'amour du geste, en s'organisant de telle sorte à pouvoir FAIRE le geste, l'action étant tout aussi importante que le fruit du geste lui même. Je suis fonsdé, mec. Leur différentes expressions artistiques n'étaient en somme que les voix abruptes et inharmonieuses de la même intuition. Ouais, elle met bien cette weed.


Chapitre premier


L'histoire commence ici, sing my song, puff all night long.




Crédit image : Velázquez, Museo del Prado